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| Les poètes du Sazuku-in |
"Souvent utilisé comme support par les artistes (les écrivains, les peintres, les compositeurs...), le papier n'a été que rarement considéré en soi comme matière première de la création.
Même les Japonais, géniaux fabricants de papier depuis des millénaires, ont relégué leur art de création de formes par pliage de papier, l'Origami, à un art de second rang, pratiqué principalement par des enfants.
Et pourtant, le papier est capable d'épouser des formes bien au-delà de sa nature à deux petites dimensions : il peut être amené à s'envoler vers une troisième, et d'y rester, imitant des matières bien plus ancrées dans le volume.
Sa nature, comme celle des autres matières, impose, bien sûr, ses limitations sur l'artiste : il ne peut être plié que 7 fois sur lui-même (essayez donc d'en faire plus !) et chaque pli diminue inexorablement sa taille. De plus, il est fragile et léger et il craint l'humidité.
Mais l'artiste aime les contraintes - il travaille avec. Même au point d'en ajouter : ici sont respectées les lois de l'Origami classique - un seul morceau de papier, pas de colle, pas de coupure.
Ceci oblige la simplicité, mais c'est payant. Toutes les formes que vous voyez ici sont facilement répétables : n'importe qui peut les recréer n'importe où, avec n'importe quel papier.
L'important dans cet art ne réside pas seulement dans l'objet créé, mais aussi dans l'acte de création et sa transmission à l'autre."
Tim Westlake